Samedi 31 mars 2007

Fatigue que je suis, je passe la plus grande partie du vol a dormir. Entre temps, mon voisin s'est enfin reveille... Je remarque que le soleil est deja leve a l'exterieur mais je continue a somnoler ainsi jusqu'a ce que les lumieres se rallument et qu'on nous serve le petit-dejeuner. On nous dit que l'atterrissage est prevu dans un peu plus d'une heure et apres avoir regle ma montre, je constate qu'il est midi (CET).

Et donc, peu avant 14h00, nous atterrissons a l'aeroport de Madrid-Barajas, ou la pluie est la pour me souhaiter un bon retour sur le sol europeen! Je me rend compte que malgre le changement de plan de vol, le voyage a dure environ neuf heures et trente minutes, exactement ce qui etait prevu. Hors de question de quitter l'aeroport pour me balader une derniere fois dans les rues de Madrid mais au moins, j'ai pres de quatre heures devant moi avant mon prochain vol, et c'est tout ce qui compte!

Pour recuperer mes bagages, je dois traverser l'immense nouveau Terminal T4S, prendre une navette pour le Terminal T4, et passer l'immigration. Ensuite, comme je dois me rendre dans l'ancien batiment de l'aeroport, la ou se trouve le Terminal T1, je suis oblige de prendre un bus, parcourir une dizaine de kilometres autour de la plaine de Barajas pour finalement arriver a destination. Pas l'aeroport le plus simple, il faut bien le dire!

Je fais la queue une dizaine une minutes jusqu'a pouvoir enregistrer mon sac avec Easyjet, puis lorsque je suis sur le point de passer le controle passeport, je constate que la loi interdisant de transporter des liquides a bord est valable sur tous les vols europeens, et non pas uniquement sur ceux a destination de la Grande Bretagne ou des Etats-Unis! Me voila devant un dilemne. Que vais-je faire avec mes produits de toilette? L'hotesse du check-in m'a demande si j'avais des objets tranchants mais ne m'a rien dit sur les liquides! Comme je ne veux pas jeter gel douche, shampooing, mousse a raser, etc... je suis bien oblige d'enregistrer aussi mon second sac a dos ou se trouve ma trousse de toilette. Et la, lorsque je retourne vers le check-in, l'hotesse me dit que c'est maximum un bagage dans la soute par personne sinon je dois payer 15 Euros de penalite! Je n'en reviens pas, jamais entendu une regle aussi stupide! J'ai beau lui expliquer qu'entre mon gros sac deja enregistre et celui-ci, je n'ai meme pas 20 kilos, mais elle ne veut rien entendre et je suis oblige de payer ou jeter mes produits! Me voila donc oblige d'aller au guichet bagages payer cette stupide penalite, non sans avoir explique a l'employee que cette regle ne reposait sur rien et que j'etais furax de voir comment Easyjet tentait par tous les moyens de faire du profit! Ceci etant fait, je retourne faire finalement le check-in de mon sac. Je suis furieux, et un gros sandwich au jambon cru arrive a peine a me calmer! Je ne suis pas du genre a perdre facilement mon calme mais ce genre de situation me met hors de moi!

Vers 18h00, nous pouvons enfin embarquer. Et comme souvent lors des vols Easyjet, c'est le chaos total. Tout le monde essaie de passer devant pour avoir les ''meilleurs'' sieges, ca pousse, ca crie, les gamins pleurent et moi, je m'en fiche! J'ai la lettre A sur mon billet et j'attend simplement que l'on demande aux detenteurs de la lettre A d'embarquer. Mais evidemment, il y a un nombre incalculable de personnes qui ne comprennent pas cela...

Je suis fatigue durant le vol, sans trop savoir pourquoi. Evidemment, je viens de passer une nuit dans un avion et il y a cinq heures de decalage horaire mais a part ca, je ne vois pas. Je dors donc un moment puis lorsque l'on annonce que la descente sur Geneve a commence, je me reveille. Nous passons les nuages (evidemment, il ne fait jamais beau quand on rentre de vacances ou d'un voyage pareil, c'est comme ca...) et je commence a voir les sommets enneiges des Alpes, le Rhone et la banlieue de Geneve. Nous arrivons depuis le Sud-Ouest, le sens oppose de mon depart le 1er janvier ou on avait decolle vers le Nord-Est, tout un symbole!

Puis a exactement 20h19, je suis de retour sur le sol suisse! La boucle est bouclee! Je ne sais pas trop comment decrire les differents sentiments qui m'envahissent. Content d'etre de retour a la maison, revoir bientot la famille et le amis, retrouver mon petit chez moi, et ma vie en general qui est plutot plaisante, je l'admet. Heureux aussi d' avoir accompli le tour du monde, tout ca en a peine 90 jours!

Un magnifique voyage qui m'aura conduit dans des pays tres differents, sur quatre continents (seule l'Afrique manque sur la liste). Le voyage d'une vie aussi ou j'aurai traverse quatre fois la ligne de l'Equateur, le Tropique du Cancer et celui du Capricorne, sans oublier la ligne internationale de changement de date. Pris vingt-deux fois l'avion, traverse vingt-cinq differents aeroports, voyage en train aussi, en bus, en voiture, en velo et en bateau. Et puis j'ai beaucoup beaucoup marche aussi, sans avoir eu une seule ampoule aux pieds a signaler! Je n'ai souffert d'aucune maladie grave mis a part quelques problemes intestinaux mais ca, on n'y echappe pas...

Et puis surtout j'ai fait la connaissance, plus ou moins longue, de centaines de personnes, la plupart des voyageurs eux aussi, qui ont rendu mon periple plus agreable et passionnant encore. Des gens de tous les ages dont je parle dans ce blog et que grace a lui, je n'oublierai jamais! Sans parler des lieux magiques, indescriptibles, grandioses ou simplement agreables visites durant ces trois mois. Mais tout n'est pas beau et parfait non plus. Je ne compte pas le nombre d'endroits ou la misere et la pollution m'on revolte. La Terre est belle mais l'homme ne se rend malheureusement pas suffisamment compte du mal qu'il est en train de lui faire. La Terre est merveilleuse mais le restera-t-elle encore longtemps? L'ecologie est un luxe des pays riches, c'est evident, et de certains d'entre eux seulement... J'ai vu des endroits, des rivieres, des lacs et des cotes horriblement pollues et des gens qui vivent a proximite, dependant totalement de ce qu'ils y trouvent pour vivre. J'ai vu des familles dormir au milieu des autoroutes, dans un perpetuel nuage de fumee toxique. J'ai vu d'enormes disparites entre riches et pauvres. Non, tout n'est pas parfait, loin de la, mais avec de l'education et de la bonne volonte, tout le monde peut apporter sa pierre a l'edifice et faire que dans dix, vingt ou trente ans, on puisse faire un voyage comme celui-ci, et etre autant emerveille que je l'ai ete par les beautes naturelles et culturelles que compte notre belle planete bleue.

Voila, c'est fini! Je suis revenu, vivant, en bonne sante je crois, juste un peu plus maigre et barbu. Un peu triste que l'aventure soit deja terminee, mais heureux d'avoir pu la mener a son terme dans des condtions aussi optimales. Mon ange gardien m'a suivi tout au long du parcours, je n'oublie pas que bien des desagrements auraient pu m'arriver et que je suis chanceux d'etre de retour en n' ayant quasiment que de bons souvenirs a raconter. Mes amis aussi m'ont suivi, a travers ce blog ou par d'autres moyens, et leur aide, leurs encouragements et amour m'ont beaucoup apporte. Merci a eux d'avoir eu la patience de lire mes (tres) longs recits, ce fut pour moi un plaisir d'ecrire sur ce beau voyage!

Le reve est donc devenu realite...

Par Jorge Pereira - Publié dans : DE RETOUR
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Vendredi 30 mars 2007

Dernier matin sur le sol bresilien! Je me leve tot, sans reveil, sans doute mon horloge interne sait-elle deja qu'un long trajet m'attend et qu'il ne vaudrait mieux pas etre en retard! Je descend prendre le petit-dejeuner, je me balade une derniere fois dans les rues de Salvador, sans doute la plus jolie ville visitee durant ces trois mois, je fais quelques achats, je passe encore un moment sur le net puis je reviens dans la chambre preparer mes affaires.

Mark et Johan, respectivement allemand et danois, sont la et je parle un moment avec eux tout en rangeant mes desormais nombreuses affaires dans mes trois differents sacs. Ils me posent des questions sur Rio de Janeiro et je prefere les mettre en garde etant donne qu'avec leur look tres nordique, ils ne risquent pas de passes inapercus! Mais comme je vois qu'ils commencent a etre nerveux avec ce que je leur raconte, je leur dis juste de profiter de la ville et qu'en etant un minimum vigilants, ca devrait aller. J'espere pour eux que ce sera le cas, en effet...

Vers 11h15, tout est pret! Je descend a la reception faire le check-out et je quitte donc finalement le tres charmant Hostel Laranjeiras, mes trois sacs sur le dos et sous une chaleur deja etouffante! Je marche une vingtaine de minutes jusqu'a arriver au terminus des bus pres de la Praca da Se. Pendant mon attente, je discute avec une gentille dame bresilienne qui me dit connaitre Lyon car son fils y habite mais... je dois couper court a la conversation car le bus arrive. Je monte a bord et c'est parti pour une heure de trajet jusqu'a l'aeroport de Salvador, situe tout de meme a 35 km du centre ville.

Le parcours emprunte par le bus n'est pas desagreable. Il longe la cote, suivant la meme route que celui avec lequel je me suis rendu hier a la plage de Itapua. Et de voir cette mer et ce sable fin, je me dis deja que le retour va etre difficile! Termine les balades, les visites et le farniente! Le retour a la realite est pour tres bientot!

Nous passons devant le tres joli phare da Barra, perche au sommet d'un petit fort octogonal qui protegeais a l'epoque l'entree de la Baie de Tous les Saints, la baie de Salvador, puis je m'endors un moment. Lorsque je me reveille, nous sommes deja tout pres de l'aeroport et je prie pour que mon vol pour Rio soit a l'heure!

Des que j'arrive au check-in, bonne nouvelle: l'avion est annonce a l'horaire prevu. Je suis soulage mais j'attend tout de meme la confirmation. En attendant, je demande a l'hotesse de TAM Airlines de mettre une etiquette ''priorite'' sur mon sac pour que je ne perde pas de temps en le reprenant a Rio, ce qu'elle accepte gentiment! Puis lorsque je vois que le vol est confirme a 16h00, je peux enfin pousser un grand ''ouf'' de soulagement! A moins d'un gros probleme, je serai a Rio juste a temps pour faire le check-in et embarquer sur le vol Iberia pour Madrid.

Le vol se passe a merveille, grand ciel bleu et nous arrivons meme avec une dizaine de minutes d'avance a Rio. Quelle chance! Je fonce vers la salle des bagages, mon sac arrive aussitot et apres l'avoir pose sur un chariot, je cours a travers l'aeroport de Rio-Galeao histoire d'arriver au plus vite au Terminal 1 d'ou partent les vols internationaux. Mon chariot a la roulette avant defectueuse et il fait un bruit du tonnerre mais je continue de courir le long des couloirs, slalomant entre les passagers, tant je veux etre sur de ne pas rater mon vol!

A 18h10, et exactement une heure avant le decollage, c'est fait! Mon sac est enregistre, j'ai ma carte d'embarquement a la main et je peux enfin souffler: je pars pour Madrid ce soir, comme prevu! Me voila donc a attendre que l'on puisse monter a bord, un peu fatigue, tres barbu, amaigri, et seul au fond de la salle d'attente et je commence a repenser a tout ca, tous ces jours a voyager a travers tous ces pays, ces villes et villages. Tous ces gens rencontres durant ces trois mois, et j'ai du mal a realiser! Realiser que tout ca a existe, pour de vrai, que ca se termine demain et que la vraie vie reprendra le dessus dans quelques heures... Etrange sentiment, comme un melange de satisfaction et de tristesse. Les voyages, c'est une drogue, et plus on en fait, plus on veut en faire! C'est comme ca que je suis en tous cas.

Vers 19h30, l'embarquement n'a toujours pas commence. Etrange mais je ne m'en inquiete pas plus que cela, surtout que peu apres, nous sommes invites a monter a bord. Je m'installe et un type s'assied sur le siege fenetre a cote de moi. Il semble avoir du mal a attacher sa ceinture puis s'endort immediatement, pris de droles de spasmes musculaires et transpirant abondamment! Je m'inquiete un peu, j'essaie de le reveiller pour lui demander si ca va mais j'ai beau le secouer, impossible de le reveiller! Puis je me dis que tant qu'il respire, c'est bon signe...

La, le capitaine nous informe que les controleurs aerien de Brasilia sont en greve et que nous devons attendre de trouver une solution pour partir. L'attente commence! Une heure passe, toujours aucun mouvement. Il est 21h00 quand le capitaine nous dit que la tour de controle va essayer de faire decoller les avions toutes les 15 minutes et que comme nous sommes en huitieme position, nous devons attendre encore au minimum deux heures! La, je commence a m'inquieter. Et si on ne pouvait pas partir du tout? Je raterais mon vol programme samedi a 18h00 pour Geneve et ce serait une sacree pagaille, sans oublier que je serais obliger d'acheter un nouveau vol, que je perdrais un jour de repos avant de recommencer a travailler lundi et surtout je raterais la fete d'anniversaire d'une amie, Mariame, organisee samedi soir et ou je compte me rendre des mon arrivee en Suisse, ce qui est l'occasion aussi de voir pas mal de mes amis! Bref, assis sur mon siege, inquiet, j'essaie de reflechir aux differentes solutions dans l'eventualite ou on ne pourrait pas voler ce soir. Et mon voisin, lui, pendant ce temps, continue de dormir, de transpirer comme un fou et un long filet de bave coule a present du coin de sa bouche! Un vrai show a lui tout seul!

Les deux heures sont passees et toujours rien. Aucun mouvement d'avion autour de nous et j'entend par l'intermediaire d'autres passagers ayant appele chez eux que tous les vols depuis le Bresil sont annules et que rien ne bouge a cause du blocus a Brasilia! Manquait plus que ca, moi qui avait tellement peur de rater ce vol, il semblerait a present qu'il ne va pas se faire du tout!

Puis soudain, je sens que l'avion bouge, il recule, et le capitaine nous informe qu'un nouveau plan de vol a ete trouve et que nous partons! Et en effet, a 23h10 environ, nous quittons le sol bresilien, direction Madrid! Un vrai miracle, et je suis meme persuade que nous sommes le seul vol a avoir pu quitter Rio (et peut-etre meme le Bresil) ce soir!

Tous les passagers sont affames et je ne fais pas exception. Heureusement, peu apres le decollage, on nous sert enfin le repas que j'avale en un rien de temps! Mon voisin dort toujours et il ne s'est rendu compte de rien, ni des quatre heures de retard, ni du decollage, ni du repas qu'il vient de rater. Tant pis pour lui, et de mon cote, une fois le ventre plein, je m'endors en esperant que malgre le changement de route, nous arriverons tout de meme a temps a Madrid pour que je puisse prendre mon vol Easyjet pour Geneve...

Par Jorge Pereira - Publié dans : BRESIL
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Jeudi 29 mars 2007

Des que je descend au cafe de l´hostel pour prendre le petit dejeuner, je tombe sur Anika, Carina et Claudia. Anika me demande ce que je compte faire de ma derniere journee a Salvador et je lui dis que vu le temps magnifique, je ne vais pas manquer l´occasion de le passer a la plage, deja que je n´ai pas eu beaucoup d´occasions de me baigner depuis mon arrivee en Amerique du Sud. Elle me dit que cela l´interesse aussi et donc, on se donne rendez-vous a 11h00 pour partir a la plage de Itapua ensemble.

Je passe ensuite un moment sur le net (je ne compte plus les heures passees devant un ecran d´ordinateur depuis mon depart mais c´est pour la bonne cause...) et a 11h00, je retrouve Anika, comme prevu. Je prend le strict minimum avec moi (calecon de bain, appareil photo, lunettes de soleil, casquette et de l´eau, rien de plus!), c´est plus prudent dans ce pays, et apres avoir traverse les rues colorees et inlassablement belles du centre historique, nous arrivons a l´arret de bus.

La plage de Itapua etant l´une des plus eloignee du centre ville, nous passons environ une heure dans ce bus a regarder la cote defile devant nous, passant un nombre incalculables de petites plages. Cela me fait realiser encore plus a quel point ce pays merite qu´on lui consacre plusieurs mois, et non pas quelques jours comme dans mon cas. Mais ainsi va la vie, et si tout va bien, je reviendrai. Ceci n´est qu´un amuse-bouche, et peut-etre les premices d´un plus grand voyage au coeur du Bresil dans quelques annees...

Nous arrivons a l´arret de bus de la plage d´Itapua peu apres midi et meme si l´endroit ou nous laisse le bus ressemble plus a une ville qu´a un lieu paradisiaque, il suffit de descendre sur le sable, marcher quelques minutes et nous voila dans un petit restaurant de plage entoure de palmiers! Malgre le fait que nous nous trouvons encore dans l´agglomeration de Salvador da Bahia, on pourrait facilement se croire sur une ile des Caraibes, autant a cause du decor que de sa population a la peau foncee et au sourire omnipresent!

Apres un moment passe sous un parasol a deguster un bon petit plat local, je rejoins Anika au bord de l´eau pour un apres-midi bronzette, baignade et detente! N´ayant pas pris de serviette de bain (je n´en ai pas il faut dire...), je loue une drole de chaise en bois pliable tres peu confortable et nous passons l´apres-midi comme ca, tantot couches au soleil, tantot dans l´eau. Ce qui est aussi agreable c´est le fait que basse saison oblige, la plage est quasiment deserte. On y croise quelques habitants de Salvador mais pratiquement aucun touriste. La plage est presque deserte et je ne m´en plains surement pas!

Petit a petit, je realise que la fin de l´aventure approche et que dans un peu plus de 48 heures, j´aurai donc fait mon tour du monde en 90 jours! C´est difficile de realiser que le temps a finalement passe si vite, que des endroits comme Jaipur, Varanasi, Koh Samui, Singapore, Perth, Cuzco ou meme Buenos Aires me semblent deja si loin. Quel incroyable parcours ce fut, mais l´heure n´est pas encore au bilan. Je profite donc encore a fond de ce dernier jour de plage, dernier jour sous les tropiques et la suite, on verra. J´ai encore un long trajet avant d´etre de retour chez moi...

Vers 16h00 et comme le soleil descend rapidement sous ces latitudes, nous decidons de quitter la plage, non sans une derniere baignade. Et comme a chaque fois lorsque je suis au bord de la mer, je me demande quand sera la prochaine fois ou j´aurai l´occasion d´y remettre les pieds... Une chose est sure, durant ce beau voyage, j´ai eu l´occasion de me baigner autant dans l´Ocean Indien, que dans le Pacifique, que dans l´Atlantique! Celui que je prefere? Aucune idee! Tous!

Le trajet de retour semble interminable et comme un gros embouteillage bloque toute la circulation aux approches du centre ville, nous decidons de terminer a pied. Puis, peu apres, nous comprenons ce qui cree ce blocus: un cortege colore comprenant musiciens, danseurs, lutteurs de Capoeira, orchestres et chars colores remonte la rue principale qui mene au centre ville. Comme quoi, meme quand on ne s´y attend pas, il y a toujours de la musique dans les rues de Salvador! Mais la ca n´est pas un hasard, non, il s´agit en fait de feter les 458 ans de la fondation de la ville par les colons portugais en 1549!

Nous arrivons finalement a destination peu apres 18h00, nous passons tous les deux un moment sur le net, et j´aide Anika a telecharger ses photos car elle ne possede pas de card-reader USB et je lui prete le miens. Puis elle part voir un spectacle alors que je reste encore un moment a ecrire mon blog. Puis ceci etant fait, je pars acheter un sorbet a l´açai, un fruit tropical dont on m´a tellement parle depuis mon arrivee au Bresil, apres quoi je me balade dans les ruelles animees du Pelourinho, rencontrant des groupes de musique a tous les coins de rue. Une vraie tradition de Salvador, une ville vivant au rythme des percussions toute la journee!

Vers 21h30, je retrouve Anika a l´hostel. Elle est accompagnee de Claudia et Carina, ainsi que d´Erica, une amie a elles d´Argentine et Daniela, une zurichoise vivant aussi a l´Hostel Laranjeiras. Et comme c´est mon dernier soir a Salvador, et presque mon dernier soir tout court avant la fin ``officielle´´ de mon voyage, elles me disent qu´elles m´attendaient pour que l´on mange tous ensemble! Si c´est pas sympa ca? Me voila donc parti pour passer ma derniere soiree ici entoure de cinq charmantes jeunes femmes. Moi qui pensait peut-etre manger seul et aller me coucher, j´avoue que je suis ravi!

Apres un bon repas arrose d´un bon vin chilien, nous sommes les derniers a quitter la terrasse du restaurant, en plein coeur de la place du Terreiro de Jesus. En arrivant a l´auberge, je leur dis adieu a toutes, leur souhaitant a chacune bonne chance pour la suite de leurs voyages respectifs puis il est temps de monter dans ma chambre dormir car demain matin j´ai encore plusieurs petites choses a faire avant de partir a l´aeroport. Et en me couchant, j´ai un souci en tete: le vol entre Salvador et Rio qui, je l´espere vraiment, ne sera pas en retard car sinon je rate mon vol pour Madrid et la, ce serait un tres gros probleme pour moi! Mais on verra ca demain...

Par Jorge Pereira - Publié dans : BRESIL
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Mercredi 28 mars 2007

La nuit ne fut pas de tout repos! Je me leve a plusieurs reprises a cause de terribles crampes d´estomac! Sans doute que la glace utilisee dans la caipirinha etait faite avec de l´eau non traitee. Resultat, plusieurs allers et retours aux toilettes et j´espere que d´ici vendredi et mon depart, ca ira beaucoup mieux! Et en effet, des le reveil, ca semble aller bien mieux. J´arrive juste a la derniere minute pour le petit-dejeuner et avec un the plus un morceau de gateau, mon estomac semble reprendre du poil de la bete!

Apres le petit-dejeuner, je quitte l´auberge de jeunesse arme de mon seul appareil photo. Je passe devant l´eglise San Francisco, surement la plus belle facade de Salvador pour arriver peu apres au Terreiro de Jesus, celle qui est a mon avis la plus remarquable place de la ville avec ses trois eglises, sa belle fontaine, ses beaux trottoirs et ses grands palmiers.



Contrairement a hier, le temps est parfait, le soleil brille au milieu d´un ciel presque immacule et j´en profite pour prendre des photos par dizanes. D´ailleurs, en parlant de photos, j´ai decouvert qu´il me restait beaucoup de place sur mon autre carte memoire donc, probleme regle! Puis, tout en marchant, j´arrive sur la Praca da Se (Place de la Cathedrale) ou il n´y a en fait aucune cathedrale! J´apprend en lisant un panneau d´information que celle-ci fut detruite dans les annees 1930 pour construire les voies du tram!!! Et pour marquer la stupide perte d´un batiment aussi important, une croix tombee et brisee se tient a present sur le site de la defunte cathedrale. Quel gachis au nom du ``progres´´!


Par contre, un peu plus loin se trouve l´un des symbole de la ville, l´Elevador Larceda, un impressionnant ascenceur de style art-deco construit lui dans les annees 1930 et servant a relier en quelques secondes le centre historique a la ville basse et au port. Je sors un peu d´argent et je suis la foule qui se dirige vers la porte d´entree. Je demande combien coute la descente et je n´en reviens pas quand la caissiere me dit que cela coute la modique somme de cinq centavos, c´est a dire quasi rien du tout! A ce prix la, je me demande presque pourquoi ne pas le rendre gratuit... Mais j´imagine aussi que c´est tout ce qu´il faut pour couvrir ses frais d´entretien. La descente dure quelques secondes et me voila dans le quartier du port. Je traverse la rue et je me dirige vers le Mercado Modelo, un batiment ancien ou les esclaves fraichement debarques etaient a l´epoque entasses dans des cellules sordides avant d´etre vendus sur la Praca do Pelourinho. Les temps n´etant heureusement plus les memes, il accueille a present un marche artisanal que je traverse rapidement sans trouver quoi que ce soit a mon gout.


En sortant du Mercado Modelo, je croise quelques danseurs de Capoeira, quelques diseuses de bonne (ou mauvaise) aventure puis je me retrouve sur le petit port de peche ou les hommes reparent leurs filets sous les immeubles colores de la ville haute qui les surplombe. Je fais ensuite le tour du bassin pour arriver vers le beau batiment de la capitainerie surveillant l´entree du port, et lui meme garde par des marins bien armes! Je constate que le bas de la ville possede egalement de nombreux batiments anciens et magnifiques sauf que contrairement a la ville haute, ils n´ont pas ete renoves par les fonds de l´UNESCO et la plupart sont malheureusement dans un etat lamentable. C´est triste de laisser un si beau patrimoine se deteriorer de la sorte, et j´espere que tot ou tard, les autorites locales feront un effort pour lui rendre son lustre d´antan.



Je mange pour trois fois rien dans un petit restaurant ´´lanchonette´´ comme ils disent ici puis je decide qu´il est temps de remonter vers la ville haute. Je n´ai pas envie de reprendre l´ascenceur mais malgre le fait que le Lonely Planet deconseille d´emprunter les ruelles qui montent au sommet a pied, je decide de tenter le coup. En pleine journee, il ne peut pas m´arriver grand chose, je l´espere!

Au debut, c´est tres calme car mis a part de vieilles maisons en ruines, il n´y a pas ame qui vive mais peu apres, ca commence serieusement a ressembler a une sorte de favela et des hommes sont assis sur le trottoir, la ou je dois passer. Je prend un air contrarie histoire de faire le moins possible ``touriste au sourire betat´´, je marche d´un pas sur et rapide, et finalement tout se passe pour le mieux. En arrivant en haut, je me dis que ca n´etait surement pas aussi dangereux que cela, mais bon, au moins cela m´a permis de voir un visage different de la ville. Ah la la, cet air contrarie, quelle arme infaillible!...

Je prend ensuite un ruelle qui descend vers un quartier populaire de Salvador entoure de boutiques de vetement tres bons marches. C´est sur, ca n´est pas pour les touristes et d´ailleurs, je n´en croise pas un seul! La route semble faire le tour de la vieille ville jusqu´a arriver a un grand et vieux palais qui malheureusement aurait bien besoin d´un coup de pinceau. Encore un exemple de ce riche patrimoine a sauver au plus vite!


Apres avoir remonte une ruelle escarpee, je me retrouve en plein coeur du centre historique. La, les boutiques vendant toutes formes de souvenirs pour les touristes ne manquent pas et je decide d´en visiter quelques unes. J´aime specialement les pantalons de Capoeira, tres confortables et j´en essaie plusieurs dans une boutique de la jolie Praca do Cruzeiro Sao Francisco jusqu´a trouver le bon. Je tombe aussi sur un joli t-shirt blanc de Capoeira et comme il est un peu sale, j´en obtiens un bon prix. Je rentre alors a l´auberge de jeunesse et je le lave a l´eau froide et au gel douche. Avec chance, et apres avoir beaucoup frotte, je lui rend sa blancheur d´origine!


Comme il est 16h30 et que je sais que l´equipe de foot du Portugal joue contre la Serbie, je monte dans la salle de television de l´Hostel Laranjeiras et j´arrive a temps pour regarder la deuxieme periode avec quelques suedois qui eux aussi aimeraient regarder la Suede jouer, sauf que leur match ne passe pas sur les chaines bresiliennes... Le match se termine par le score de 1-1 et cela ne semble pas etre un mauvais resultat pour le Portugal.

Je ressors ensuite un moment prendre des jolies photos de la belle place du Terreiro de Jesus a la tombee de la nuit, je me balade encore un moment puis je retourne a l´auberge ou un groupe joue (la musique est omnipresente a Salvador!) juste en face de l´entree. Je m´assieds sur les marches et je reste comme ca une vingtaine de minutes a les ecouter.

La, je tombe sur Claudia et Carina, les deux filles argentines rencontrees la veille, qui sont sur le point d´aller manger. Elles me proposent de me joindre a elles et on decide de prendre une table a la terrasse du restaurant situe juste en face de l´auberge. Et la, nous tombons sur le serveur le plus stupide du monde, et je pese mes mots. Il ne comprend rien a ce qu´on lui demande, apporte trois fois la carte en anglais alors qu´on veut la version espagnole, oublie trois fois de m´amener le sel et pour couronner le tout, on attend une heure pour recevoir notre nourriture (le meme plat pour les trois pourtant!). Et a la fin, on doit encore payer six Reais chacun pour le groupe de musique qui est engage par le restaurant! Decidement pas un bon choix, et heureusement que la nourriture, elle, etait bonne!

Je monte me coucher vers 22h30 car demain je compte bien me lever assez tot pour pouvoir passer ma derniere ``vraie´´ journee de globe-trotter sur la plage, a me dorer au soleil et a ne rien faire qu´ecouter les vagues une derniere fois, ceci avant le long trajet de retour vers la realite!

Par Jorge Pereira - Publié dans : BRESIL
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Mardi 27 mars 2007

Il fait a peine jour lorsque mon reveil sonne. Il est 6h30 et ce matin je quitte Rio! Sans bruit, je prend mes affaires avec moi hors de la chambre ou les autres locataires dorment encore, je finis de tout ranger et a 7h00, le taxi que j´ai commande la veille est la a m´attendre.

Durant tout le trajet jusqu´a l´aeroport de Galeao, je vois pas mal de gens a dormir a meme le sol, sur les trottoirs et le chauffeur et moi partons sur une grande discussion sur la vie a Rio et surtout les nombreux problemes que compte cette ville. Il me dit que la peur principale des habitants ici ce sont les balles perdues qui tuent de nombreux innocents chaque annee. Je lui raconte pour la fusillade de samedi soir dernier et il ne semble pas surpris, meme si la plupart du temps ca arrive dans les favelas, entre bandes rivales ou traficants. Il faut vraiment que je regarde le film ´´La Cite de Dieu´´ en rentrant...

La route passe a proximite de nombreuses favelas ou il me dit lui-meme avoir tres peur de s´y rendre quand un client le lui demande, puis nous arrivons a l´aeroport. Je le paie et apres avoir fait le check-in, j´ai tout mon temps pour prendre le petit-dejeuner. Puis c´est l´heure d´embarquer et je prend un journal local offert par la compagnie TAM. Une fois de plus, cela ne parle que de violence, meurtres, guerre des gangs, balles perdues, vandalisme, armes a feu, pauvrete, chaos! Je me dis alors que sans vouloir trop en rajouter, je suis content d´avoir passe ces quelques jours a Rio sans que rien ne m´arrive, vraiment rien! Contrairement a certaines personnes croisees dans la guest-house et qui ont eu moins de chance que moi... Je le dois surtout au hasard, c´est sur, mais aussi a mes traits types, ma vigileance et le respect de certains principes fondamentaux a suivre lorsque l´on visite un lieu aussi potentiellement dangereux. Et parfois, le simple fait d´etre conscient du danger suffit a reduire considerablement les risques!

Vers 11h30, l´avion entame sa descente sur Salvador da Bahia, la perle du Bresil! C´est mon 19eme vol depuis le 1er janvier et mon depart de Geneve, et il ne m´en reste plus que trois... Comme je suis a cote du hublot, je regarde le paysage et je suis surpris de voir une ville moderne avec des gratte-ciels partout! Moi qui m´attendait a voir une vieille ville historique au sommet d´une colline, c´est rate, mais je sais que Salvador est une ville de plus de deux millions d´habitants et que le centre historique n´en couvre qu´une petite partie!

En arrivant a l´arret de bus, je fais la connaissance de Linda, une franco-portugaise qui voyage au Bresil. Le taxi est trop cher pour le centre-ville mais un homme bresilien nous propose de partager alors du coup, nous montons tous a bord de ce petit taxi et apres un long mais interessant trajet a discuter avec cet homme, puis avec Linda, j´arrive a destination: l´Hostel Laranjeiras en plein coeur du magnifique centre historique de Salvador avec ses maisons coloniales repeintes en couleurs pastelles et ses quelque 360 eglises. Une pour chaque jour de l´annee disent-ils ici... 


Des que je monte dans ma nouvelle chambre, enfin dortoir devrais-je plutot dire, je fais la connaissance de Richard, un anglais de 44 ans qui est assis sur son lit, sa guitare a la main. Il fait lui aussi le tour du monde mais dans l´autre sens, et apres trois mois, il n´est qu´au quart de son parcours. Le chanceux, moi qui rentre dans quelques jours, je l´envie beaucoup! Je prend une douche (j´en ai vraiment vraiment besoin!) puis lorsque je reviens dans le dortoir et que je lui dis que je pars me balader, il me demande si il peut m´accompagner. Cool comme il est, j´accepte avec plaisir!

Nous commencons par descendre vers la place principale de Salvador, a Praza do Pelourinho (place du pilori ou les esclaves etaient chaties en publique jusqu´au 19eme siecle) afin de trouver un petit resto ou manger car avec deux toasts secs dans le ventre offerts par TAM, je meurs de faim! Et tout autour de moi est exactement comme je l´imaginais, facades colorees, magnifiques eglises, rues pavees et escarpees, et... des mendiants, des vendeurs de souvenirs en tout genre et beaucoup de touristes! Enfin, de ce cote la, ca va encore car c´est la basse saison, et tant mieux! Je remarque aussi que la population est presque toute de descendance africaine et parfois, on se croirait dans les Caraibes, en Republique Dominicaine ou a Haiti tant les visages et costumes traditionnels des femmes sont similaires aux leurs. En fait, si le Sud du Bresil etait essentiellement blanc, si Rio etait bien metisse, Salvador est vraiment la region ´´noire´´ du pays, la ou de nombreux descendants d´esclaves se sont implantes et beaucoup continuent de suivre les traditions venues d´Afrique comme la religion, certains rites de magie noire, la musique, la nourriture et meme, en quelque sorte, la Capoeira!


Apres manger, Richard et moi nous promenons un long moment dans la vieille ville pour prendre de nombreuses photos. Une chose est sure, j´aime deja cette ville! L´ambiance y est tres differente de celle de Rio, plus detendue, plus souriante, mais aussi plus ´´touristique´´ car on ne peut pas faire deux pas sans qu´on essaie de nous vendre des colliers, des bracelets, de l´eau, de la biere, des coquillages, etc... Beaucoup de gens vivent du tourisme ici, de facon legale ou pas, et ca se voit immediatement!

Nous passons ensuite devant le grand et beau Convento do Carmo, dont une partie a ete transformee en palace cinq etoiles, puis nous longeons les ruelles colorees de la vieille ville, toujours a la recherche du cliche parfait! Richard prend des dizaines et des dizaines de photos mais moi, n´ayant pas beaucoup de place sur ma carte memoire, je dois etre plus selectif dans mes choix.



Peu apres, nous arrivons a Praza de San Antonio avec sa jolie eglise jaune pastelle et son kiosque a musique, d´ou nous pouvons voir le bas de la ville et son port. C´est sur, c´est nettement moins joli que la ville haute ou nous nous trouvons, mais il faut de tout pour faire vivre une communaute et le tourisme ne fait pas tout! Une fois que nous avons fait le tour de la place, nous retournons vers le centre ville et la, je me rend compte que je suis vraiment fatigue, j´ai mal et peu dormi a Rio et je commence vraiment a le sentir. Nous marchons ainsi pendant une vingtaine de minutes jusqu´a arriver a la tres belle Praza do Cruzeiro Sao Francisco ou nous trouvons une terrasse pour epancher notre soif et reposer nos pieds!



Je me rend compte de deux choses apres cet apres-midi passe dans les ruelles de Salvador: la premiere c´est que je me croirais au Portugal tant l´architecture des maisons, et surtout des eglises est la meme; la deuxieme c´est qu´il faut absolument que je revienne au Bresil lors un futur voyage car ce pays a tant a offrir que voir Iguacu, Rio de Janeiro et Salvador da Bahia, ca n´est pas assez, vraiment pas! Et me sentant tellement proche de cette culture et evidemment de la langue, j´ai vraiment envie de la connaitre mieux. Je realise aussi que dans les autres pays visites en Amerique du Sud, je me sentais comme un visiteur alors que la, culture oblige, je me sens presque chez moi!

Apres ce verre, je quitte Richard pour un moment et je me rend dans un internet-cafe. La, je tombe par hasard sur Anika, la bernoise rencontree a Rio! Je lui dis que j´ai bien suivi son conseil et que je suis pour trois nuits a l´Hostel Laranjeiras, tres chouette endroit d´ailleurs. On se donne rendez-vous pour sortir manger ensemble et je passe ensuite une heure sur le net. Puis, au moment de repartir, je regarde par la fenetre et je constate que le soleil est en train de se coucher sur la ville, faisant ressembler le ciel a des flammes rouges-orangees!

En revenant a l´auberge de jeunesse, je retrouve Richard couche sur son lit, toujours sa guitare a la main et je lui propose de se joindre a Anika et moi pour le repas du soir. Il accepte aussitot et peu apres, nous descendons la retrouver. La, elle nous presente deux filles argentines qu´elle vient de rencontrer, Carina et Claudia et qui elles ausi se joignent a nous.

Au debut, personne n´a vraiment faim alors on se balade dans les ruelles tres animees du Pelourinho, le surnom du quartier historique de Salvador (inscrit au patrimoine mondial culturel de l´UNESCO) car comme chaque mardi soir, la ville se lache et c´est la fete a tous les coins de rue! On commence donc par trouver une terrasse ou nous buvons quelques caipirinhas et quelques bieres au son des tambours et de la musique afro-bresilienne presente absolument partout. C´est tres gai et tres vivant, exactement le visage de Salvador que je voulais voir! Puis nous tombons sur un incroyable groupe de joueurs de tambour et c´est tellement fantastique comme ils jouent que tout le monde se met a danser dans la rue et a les suivre, et nous ne faisons pas exception! Cette musique est completement hypnotisante et c´est un veritable delire collectif auquel nous assistons!

Je ne vois pas une seule personne qui n´a pas le sourire jusqu´aux oreilles et je comprend mieux la pancarte apercue en arrivant a l´aeroport qui disait: ``Souriez, vous etes a Salvador!´´. Oui, ca tombe sous le sens! Alors tout en marchant et en suivant le rythme des tambours, nous arrivons sur la magnifique Praza do Pelourinho illuminee et remplie de gens, touristes et locaux, tous dans le meme delire et partageant un grand moment de joie de vivre! Un sentiment collectif comme on n´en voit que tres rarement, et qui fait du bien!

Nous passons ainsi une excellente soiree Claudia, Carina, Anika, Richard et moi, et comme tout bons touristes qui se respectent, nous prenons plein de photos pour immortaliser l´ambiance festive d´un fabuleux mardi soir a Salvador da Bahia! Puis comme il est deja presque 23h00 et que la faim est revenue, nous trouvons une terrasse et commandons quelques amuse-bouches car de la caipirinha sur un ventre vide, ca n´est jamais tres bon... Au fur et a mesure que la nuit se prolonge, on commence a constater que malgre tout, avec l´alcool, certains habitants, parmi les plus pauvres sans doute et qui vivent avec trois fois rien, deviennent plus agressifs, les mendiants et les vendeurs de colliers plus insistants et on voit meme un anglais bien emeche essayer de suivre tant bien que mal un type qui vient de lui faire les poches! Oui, au milieu de la fete il y aura toujours des gens qui pensent avant tout a detrousser les touristes, et ce malgre la presence en masse de la police! C´est regretable mais au fond, ca fait partie du jeu, en quelque sorte...

Vers minuit et comme la fatigue est elle aussi revenue, nous decidons qu´il est temps de rentrer nous coucher. Je dis au revoir aux trois filles et des que je me couche, je m´endors aussitot, oubliant completement de dire adieu a Richard qui part demain matin pour le Sud. Dommage mais bon vent a lui, un type vraiment sympa et tres jeune d´esprit pour ses 44 ans!

Par Jorge Pereira - Publié dans : BRESIL
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